Artiste visuel
Brigitte Dahan
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Ma démarche artistique prend racine dans l’observation minutieuse du vivant à très petite échelle, que j’explore à travers la sculpture et l’installation en argile. Je m’intéresse aux structures infimes — cellules, membranes, micro-organisations — qui composent l’architecture du monde. En rapprochant mon regard jusqu’à effleurer la matière, je ne cherche pas à reproduire ces formes, mais à en éprouver la pulsation, la densité, la tension interne. L’invisible devient monumental ; l’infiniment grand se replie en un tissu organique microscopique. Ce renversement d’échelle modifie notre perception et questionne notre place au sein du vivant, invitant à dépasser une vision anthropocentrique pour adopter une attitude plus humble envers la nature.
L’infiniment petit et l’infiniment grand, le proche et le lointain se superposent dans un même plan. Les structures cellulaires deviennent paysages, cartographies ou phénomènes cosmiques. Les distances se troublent, les échelles se confondent, ouvrant un espace où dialoguent l’intime et l’universel.
Cette attention s’étend à la terre, à l’eau et aux milieux où la vie circule et se transforme. J’y perçois un système complexe d’interrelations et d’équilibres délicats. Mon travail fait émerger des fragments, tels des vestiges exhumés d’un monde familier mais souvent insoupçonné, révélant la richesse et la complexité du vivant.
La sculpture et l’installation en argile sont au cœur de ma pratique artistique, que je réalise souvent en grand format. Issue de la terre, l’argile conserve la mémoire du geste et du temps, tout en imposant sa propre logique : elle résiste, se fissure, se creuse et s’affaisse. Elle agit autant qu’elle est façonnée. Par le moulage, la gravure, le pressage et l’étampage, j’inscris plis, sillons, crevasses et strates dans la matière. Ces traces composent un vocabulaire plastique organique, situé à la rencontre du paysage et de la microscopie, où le temps s’inscrit dans la surface même de la matière.
À travers mon travail se révèlent les cycles de naissance, de vie, de mort et de régénération qui traversent toute matière vivante. La puissance et la fragilité du vivant s’y manifestent ensemble, dans un état de transition perpétuelle : une matière en devenir, animée par des forces qui nous dépassent — et auxquelles nous appartenons.
Site, vu le 21 oct. · Source ↗
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Site, vu le 21 oct.
My practice originates in a close observation of life at a microscopic scale. I focus on minute structures — cells, membranes, micro-organizations — that compose the architecture of the world. By bringing my gaze close to the surface of matter, I do not seek to reproduce these forms, but to experience their density, their pulse, their internal tension. The invisible becomes monumental; the infinitely large folds into microscopic organic tissue. This shift in scale alters perception and questions our place within the living world, inviting us to move beyond an anthropocentric view toward a more humble position.
This attention extends to earth, water, and the environments where life circulates and transforms. I perceive in them a complex system of interrelations and fragile balances. My work reveals fragments drawn from this continuum, as if exhumed from a world both familiar and often unnoticed, bringing forth the richness and vulnerability inherent in living systems.
The infinitely small and the infinitely large, the near and the distant, overlap within the same plane. Cellular structures become landscapes, cartographies, or cosmic phenomena; distances blur and scales merge, opening a space in which the intimate and the universal enter into dialogue.
Sculpture and installation in clay form the core of my practice, often developed in large scale. Emerging from the earth, clay retains the memory of gesture and time while asserting its own logic: it resists, cracks, hollows, and collapses. Through casting, engraving, pressing, and stamping, I inscribe furrows, fissures, and strata into the material. These traces form an organic visual vocabulary at the intersection of landscape and microscopy, where time is embedded in the surface itself.
Within these forms unfold cycles of birth, growth, and metamorphosis that traverse all living matter. Life’s strength and fragility unfold as one continuous movement, shaped by forces greater than ourselves, forces to which we irrevocably belong.
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