Après Meurtre à l’hôtel Despréaux, voici le deuxième volet des Chroniques de Gervais d’Anceny. Avec cette série, Maryse Rouy revient au Moyen Âge, dont elle est spécialiste, et au polar, une combinaison qui lui a valu, en 2003, le prix Saint-Pacôme du roman policier pour Au nom de Compostelle. Grâce à un parfait équilibre entre le suspense et le portrait social, dans une langue qui puise adroitement au français de l’époque, elle excelle à satisfaire aussi bien les férus de romans historiques que les amateurs d’intrigues policières. Sans pour autant négliger les gourmands, qui apprécieront la place de choix qu’elle réserve à l’art de la table.
Gervais d’Anceny, ancien drapier retiré dans un monastère normand, n’aura pas joui longtemps de la paix du cloitre. Quelques mois à peine après le meurtre de l’hôtel Despréaux, il reçoit un appel au secours de son fils, Philippe. Ce dernier lui apprend que son petit garçon a été enlevé au marché pendant un instant d’inattention de sa mère et de sa nourrice et qu’il pourrait avoir été la cible d’un réseau de voleurs d’enfants qui sévit à Paris. Une hypothèse terrifiante, car les ravisseurs, dont les victimes sont destinées à la mendicité, sont soupçonnés de les mutiler afin qu’elles suscitent la compassion. Selon le prévôt adjoint, les enfants sont vendus à des complices d’autres villes et leur trace disparait. Même s’il n’a pas grand espoir de réussite, Gervais, déterminé à tout faire pour retrouver son petit-fils, part aussitôt pour la capitale mener sa propre enquête.