La nuit dernière, il est tombé quarante centimètres de neige. Et ça tombe encore. Ce matin, il fait moins 27 degrés et pendant que ses parents mangent des beignes et boivent du café à l’intérieur, Billy est laissé seul dans l’auto. Une femme le voit. Une femme décide que ça suffit. Une femme décide d’aider Billy. Elle veut parler. Ce matin, un homme lui, est résolu à se faire justice dans une garderie. Il veut parler. Ce matin, une autre femme attend qu’on lui livre un babillard. Un babillard. Encore. Depuis plusieurs mois. Ce matin, on décide que ça suffit. Ce matin, ça hurle de partout.
Avec cette pièce, l’auteur Fabien Cloutier fait déferler la vague contaminante d’une colère construite de toutes pièces par les préjugés, les idées reçues et notre propre ignorance des autres. Billy déploie sur scène une véritable catharsis collective, un «chiâlage» habile et libre, devenu sport national, à la fois jouissif et contagieux. Billy, c’est le quotidien inhabituel de gens ordinaires qui cherchent aussi à se faire justice et qui jappent, confortablement attachés.
LA MÈRE D’ALICE
Vous êtes trop lâches pour le faire déjeuner?
Pis c’est dangereux laisser un enfant dans un char
Pas de fenêtre un peu ouverte
LE PÈRE DE BILLY
Justement
Ètait ouverte la fenêtre
LA MÈRE D’ALICE
Non
LE PÈRE DE BILLY
Ètait ouverte
Pas beaucoup
Parce qu’y neige
Je l’sais pas si tu l’as vu
Mais y neige
Pis y fait frette
Mais le char virait oui
’ec la fenêtre un peu ouverte
That’s it