Avant-propos et préface de Paul Lefebvre
Comme un grand trou dans le ventre superpose les histoires personnelles de deux hommes et de deux femmes, traversées par la tragédie. Qu’elle soit annoncée ou subite, pour chacun elle laisse un vide. Certains parcours se croiseront, d’autres non. Ce qu’ils ont en commun, c’est la perte de leurs repères, si importants dans une vie lorsque celle-ci est saccagée.
À travers ces récits intimes, c’est toute l’histoire d’une communauté qui est racontée et qui amènera les personnages à évoluer dans une nouvelle direction, sachant qu’il y a toujours un avant et qu’il y aura toujours un après. C’est une histoire de batailles et de reconstruction, à la fois individuelle et collective. Mais avant tout, c’est une ode à la vie.
LA FEMME AU DÉBUT DE LA QUARANTAINE
C’est vrai qu’on disait que ça arriverait un jour ou l’autre. Quand c’est arrivé… je me suis dit… pourquoi? C’est vrai qu’on le savait…
L’HOMME DANS LA VINGTAINE
Y a eu une explosion semblable à des obus de guerre qui ont sauté sur nous. Quarante-sept morts, c’é quand même pas rien. Pis personne peut nous dire c’est à cause de qui?
LA FEMME AU DÉBUT DE LA QUARANTAINE
Ou à cause de quoi… un complot peut-être, une maladresse sûrement, une absurdité, une fatalité, une ironie du sort, horreur de surconsommation, une peine reçue de Dieu parce que la société avait péché…
L’HOMME DANS LA VINGTAINE
La bêtise humaine a même contaminé l’Bon Dieu asteure. Y a-tu quelqu’un qui a vu le Bon Dieu aller poser des tracs? Aller mettre du pétrole dans un wagon? Conduire des trains, s’occuper de la sécurité ferroviaire pis entretenir les voies ferrées? [...]