quand j’ai commencé mon analyse, je savais que j’allais tenir un journal. je ne m’étais pas encore avoué que je comptais en faire un livre, mais je suis tombée sur le journal de deuil de roland barthes et, très vite, j’ai su que ça prendrait cette forme-là : de toutes petites entrées, avec des dates, des phrases simples amoncelées au fil des jours, dans une chronologie personnelle, au rythme de ceux qui se parlent à voix haute, comme si la parole adressée au mur avait plus de chance de rebondir et de venir frapper les parois de la conscience.
c’est qu’on ne s’entend pas penser. il faut parler pour que le sens se dépose. il faut écrire pour travailler la matière des mots. l’analyse n’est qu’une chambre d’écho, et la condition pour en sortir, c’est de reconnaître que, depuis le début, on ne s’adressait à personne d’autre que soi.