Literature · Launch
Lancement - Première Ligne
- When
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Event 7 p.m. · Ends 9 p.m.
- Where
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La Livrerie
1289, rue Ontario Est, Montréal
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Centre-Sud
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About
La revue Première Ligne et la Livrerie vous invitent au lancement de leurs quatrième numéro : Habiter.
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Habiter. Ouvrir la porte. Laisser résonner le mot seul, avant d’y entrer.
Habiter. Un verbe simple, usité : j’habite dans une maison, un appart, un demi-sous-sol, une voiture, nulle part. J’habite sur une rue, dans une ville, dans un pays, sur un continent, sur la Terre, dans l’univers, cette vieille rengaine qui joue dans ma tête – excusez-la – la grosse tête pleine de langage.
Dis donc, Habiter m’habiterait-il ?
Bon, Habiter semble compliqué. Si bien que je ne pourrai en rendre compte que pauvrement. Mais nous avons peut-être une chance. Essayons. Pour ce quatrième numéro de Premières lignes, nous avons abaissé notre loupe sur ce verbe précis : Habiter, à l’infinitif. Nous le voyons comme un sentiment, et l’avons choisi pour son étendue, sa vivacité, et pour ce qu’il irradie du fait de ne pas être conjugué, comme ouvert et prêt à tout.
Habiter. Commençons par ceci : la littérature habite l’espace. D’abord, celui de la page, oui, surface fragile où le texte apparait. Les mots cherchent à exister sur un objet sans être toutefois à l’abri du monde et de ses bouleversements. La poète Lív Maria Róadóttir Jæger, par exemple, confie écrire sur du papier mouillé (2024) pour ouvrir les espaces vulnérables entre littérature et environnement.
Mais les mots possèdent aussi une force autonome, créatrice d’autres espaces. Pour Anne Carson, la littérature instaure « une atmosphère de verre » (1995, p. 2), démultiplie la surface d’un espace en convoquant ses reflets. Les mots sortent de la tête pour y entrer de nouveau ; ce sont les mêmes mots, mais transformés, pétris par l’espace entre deux miroirs, entre deux pages d’un livre.
Habiter, être habité·e : cette formule recèle donc un renvoi infini vers soi-même. Emily Dickinson est dans sa maison à Amherst, Massachusetts, mais sa Maison est aussi en elle : « I dwell in Possibility / A fairer House than Prose » (poème 466). Dickinson n'a jamais cessé d'écrire le mouvement réfléchissant de son esprit. Un enchâssement spatial a lieu qui n’a rien d’hermétique, et tout de paradoxal : le dedans se jette vers le dehors qu’il contient – mais comment le peut-il ?
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